Sophrologue caycédienne et rééducatrice graphique dans les Yvelines
 
Sophrologue dans le 78
Experte en graphologie et en morphologie du visage
Les origines de la phénoménologie : La méthode de caycedo
La phénoménologie et née d'une interrogation que c'est toujours posé l'être humain à propos de la connaissance.
Nous avons en effet une certaine connaissance du monde, mais qu'est-ce qui nous prouve que cette connaissance que nous avons du monde, qu'elle soit préscientifique ou scientifique correspond à la réalité?
C'est un problème de la vérité qui a toujours préoccupé les philosophes.
Descartes ne pouvait vivre dans l'incertitude, son obsession constante fut de chercher la méthode qui lui permettrait de découvrir la vérité première, évidente.
C'est aussi le même problème qui préoccupe Husserl (mathématicien-philosophe allemand du 20ème siècle).
Son ouvrage "Recherches logiques" marque véritablement la naissance de ce que l'on va appeler désormais "L'Ecole Phénoménologique".

Dans cet ouvrage, Husserl pose le problème de la "Philosophie de la connaissance", en mathématicien : "Quelles sont les conditions nécessaires et suffisantes pour que quelque chose comme la vérité apparaisse?"

Et il ne s'agit plus de trouver une vérité indubitable, ou de savoir si tel ou tel objet perçu correspond à une réalité ou à une apparence, si telle pensée est exacte ou non, telle représentation valable ou pas ….il s'agit d'opérer une conversion du regard.
Cette conversion consiste à détourner son attention de l'objet perçu pour s'intéresser à l'acte de perception qui permet à cet objet d'apparaître à la conscience (Etymologiquement la conscience est la perception plus ou moins claire des phénomènes qui nous renseignent sur notre propre existence).

Il ne s'agit maintenant, non plus de s'intéresser à nos images, à nos représentations mentales ou à nos pensées comme peut le faire la psychologie, mais aux conditions nécessaires pour que quelque chose comme une image, une représentation ou une pensée apparaissent.

Il s'agit de décrire les conditions nécessaires pour que ces images, ces représentations, ces pensées se dévoilent à notre conscience.
Ces thèmes vont bientôt faire l'objet de toutes les recherches : on ne s'intéresse plus à ce qui se montre comme étant en train d'être, aux faits que l'on met désormais entre parenthèses, mais aux actes de vie par lesquels ils se donnent et apparaissent dans une réalité consciente. (en sophrologie la découverte de la vivance phronique : néologisme créé par Caycedo, tous les sentiments, les sensations, les perceptions, c'est-à-dire tous les phénomènes qui nous viennent à la conscience pendant les séances).

Ce sont ces différents "apparaître" que l'on essaie maintenant de voir, décrire, revoir, qui vont constituer les objets d'investigations de l'école phénoménologique et que l'on appellera désormais leur "phénoménalité".

En tant qu' étude de la phénoménalité des phénomènes, la phénoménologie ne pouvait pas ne pas s'intéresser à celle du phénomène humain et du phénomène de conscience.

Plus que la méthode utilisée de la "réduction phénoménologique", ce qui fait l'originalité de la phénoménologie, c'est qu'elle s'interroge sur ce qui permet à un phénomène d'être un phénomène, c'est-à-dire sa phénoménalité pure. (les autres sciences étudient les phénomènes bien spécifiques : des phénomènes physiques, chimiques, biologiques, juridiques, sociaux…).

Pour désigner cet apparaître, qu'étudie et décrit la phénoménologie, on peut utiliser plusieurs mots équivalents en disant qu'elle décrit leur manifestation pure, leur monstration, leur dévoilement, leur découverte, leur révélation.

Ce courant philosophique a pris naissance à la fin du 19ème siècle en Allemagne avec les grands phénoménologues que furent Husserl, Heidegger, Scheler, et constitue ce qu'on peut appeler la phénoménologie traditionnelle.
Celle-ci s'est étendue dans toute l'Europe, au cours du 20ème siècle, et notamment à la France avec Merleau-Ponty, Lévinas….
Husserl n'a pas eu le temps de terminer ses recherches. Il est resté sur l'apparaître du monde, c'est-à-dire l'extériorité.

Michel Henry, philosophe français (1922-2002), oppose à cette conception une phénoménologie radicale de la vie.
Michel Henry définit la vie d'un point de vue phénoménologique, comme ce qui possède la faculté et le pouvoir de se sentir et de "s'éprouver soi-même en tout point de son être".
La vie est essentiellement force et affect, par essence invisible, et consiste en une pure épreuve de soi qui oscille en permanence entre souffrance et joie, un passage toujours recommencé, de la souffrance à la joie. La pensée n'est pour lui qu'une mode de la vie, car ce n'est pas la pensée qui nous donne accès à la vie, mais c'est la vie qui permet à la pensée d'accéder à soi.

La vie ne se voit jamais de l'extérieur. Dans le monde, nous ne voyons jamais la vie elle-même, seulement des êtres ou des organismes vivants, sans pouvoir voir la vie en eux.
La vie nous est donnée en permanence sans que nous n'y soyons pour rien, mais le simple fait de vivre, d'être vivant et de se sentir soi-même plutôt que n'être rien et de ne pas exister est déjà la plus grande joie et le plus grand des bonheurs.
La souffrance et la joie appartiennent à l'essence de la vie, c'est le pathos de la vie
D'après Michel Henry, il existe deux modes de manifestation des phénomènes qui sont deux façons d'apparaître : l'extériorité qui est le mode de manifestation du monde visible et l'intériorité phénoménologique qui est le mode de manifestation de la vie invisible.

ex : notre corps nous est donné de l'intérieur dans la vie et nous permet de bouger notre main, il nous apparaît également de l'extérieur comme n'importe quel objet que l'on peut voir dans le monde.
C'est cette séparation entre l'apparence visible et la réalité invisible qui permet la dissimulation des véritables sentiments.

La vie se sent et s'éprouve soi-même et n'est pas autre chose que ce "se sentir "et ce "s'éprouver soi-même dans l'immanence absolu de son pathos, de son souffrir et de son jouir
M.Henry

La sophrologie caycédienne et la phénoménologie d'Husserl et de Michel Henry

La méthode Caycedo est avant tout la pratique de la réduction phénoménologique d'Husserl.

La 1ère intuition de Caycedo a été la vivance, le centre de la vie.

La 2ème intuition : l'importance du corps, le corps et la vie c'est la même chose, la parole n'est pas le meilleur moyen de signifier le sens, le corps est le meilleur moyen. Le corps est un corps de mémoire, et cette mémoire, elle est dans les protéines de toutes nos cellules. Ce ne sont pas les faits, les évènements qui sont mémorisés, c'est que nous sommes un corps de mémoire qui garde la trace de tout ce qu'il a fait, comme une immunité. Ce que le corps a fait il peut le refaire, de plus en plus facilement s'il le refait souvent : loi de la répétition vivantielle, afin de changer nos" mauvaises" habitudes, et vivre autrement : la trace qui amène à la vivance. Le travail avec la vie, c'est prendre toujours ce qui porte, mettre de côté ce qui ne va pas (détourner son regard). Le positif c'est la vivance, et c'est la vivance qui transforme et rien d'autre. Proposer des images agréables n'est pas de la sophrologie mais de l'hypnose.

 

Pierrette Duchesne-Petitgirard
10, rue de Bretagne 78690 Les Essarts Le Roi
Tél : 01.30.41.68.34
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